Ovins lait
Roquefort : "un fromage qui a de l'avenir"
Pour contrer la baisse de consommation, les éleveurs veulent faire grandir la notoriété du produit et inciter les jeunes à s'installer
Pour contrer la baisse de consommation, les éleveurs veulent faire grandir la notoriété du produit et inciter les jeunes à s'installer

Réunis en assemblée générale le mardi 16 juillet, les éleveurs de l’association des producteurs de lait de brebis de l’aire Roquefort (APLBR) sont revenus sur les sujets d’actualité de la filière et les perspectives pour l’avenir. L’association regroupe un peu plus de 1 300 fermes réparties sur six départements (Aveyron, Tarn, Hérault, Aude, Gard, Lozère), pour plus de 2 600 éleveurs, livrant du lait pour la fabrication de Roquefort AOP. Son objectif est de promouvoir et protéger les intérêts collectifs des éleveurs de Roquefort AOP. Si l’association constate une baisse du nombre d’éleveurs dans la filière, comment se porte le marché du lait de brebis ? Le président de l’APLBR et éleveur, Jérôme Faramond, analyse : “le marché est compliqué. D’une part, on a un marché du lait global qui est plutôt positif en ce moment, mais de l’autre côté, on est plus inquiet sur celui des fromages au lait de brebis. L’inflation et les prix qui ont augmenté n’ont pas été bénéfiques pour la filière et les consommateurs se sont tournés vers des produits moins chers et donc de moins bonne qualité. Pourtant, on est pas énormément plus cher que les autres fromages. Face à cela, il faut gagner en notoriété et revoir notre image.”
L'AOP bientôt centenaire
Pour ce faire, l’APLBR compte profiter en 2025 d’un événement majeur, les 100 ans de l'appellation d’origine protégée Roquefort. “C’est le moment parfait pour promouvoir notre produit et rappeler que le Roquefort est un fromage qui a de l’avenir. De nombreux événements seront organisés pour l’occasion. On va mettre les moyens dans la communication mais on aura aussi besoin de l’implication des éleveurs et de l’ensemble du territoire.” Redynamiser la filière, cela passe aussi par les installations. Pour Jérôme Faramond, les jeunes qui souhaitent s’impliquer doivent être conscients de l’impact du produit pour l’économie locale, avec notamment de nombreux emplois générés, et pour la réputation du territoire. “Il faut que l’on se réapproprie le produit, comme cela se fait déjà au Pays-Basque avec l’Ossau Iraty ou en Franche-Comté avec le Comté.” François Purseigle, professeur de sociologie à l’ENSAT à Toulouse, est intervenu durant l’assemblée générale sur l’installation en agriculture et la nécessité de repenser les contours du renouvellement des actifs agricoles pour attirer plus de nouveaux éleveurs. Parmi les sujets d’avenir, l’APLBR travaille également sur les enjeux environnementaux, avec l’obligation d’introduire d’ici 2030 des critères spéciaux dans le cahier des charges, et sur la recherche de nouveaux débouchés, comme la valorisation de la laine.
La production laitière Roquefort dans le Tarn
- 93 168 brebis à la traite
- 537 UTH (nombres d’éleveurs et éleveuses)
- 240 fermes (sur 1 305 du rayon Roquefort)
Il a dit...
Jérôme Redoulès, président de la section ovin lait de la FDSEA81 et membre du bureau de l’APLBR : “Dans le Tarn, comme dans les départements voisins, les éleveurs se posent plusieurs questions quant à l’avenir de la filière. Il y a d’abord l’installation et la transmission, qui sont des enjeux importants. On constate de nouvelles installations dans le Tarn mais on en voit aussi qui arrêtent complètement le métier. Cela fait forcément réfléchir. Il y a aussi la question du marché. Les prix des intrants ont augmenté de près de 30% alors que le prix du lait n’est qu’à 15% de hausse. De plus, la consommation de Roquefort est en baisse alors qu’auparavant, c’était un produit phare de notre territoire. Malgré cela, il faut garder espoir. Le Tarn a moins perdu de brebis que dans les autres départements. Il faut continuer à travailler pour mieux vendre nos produits et défendre nos éleveurs ovins lait et viande, car les deux fonctionnent ensemble.”