Portrait
Matthias Bascoul : agriculteur dans l'âme !
Depuis sa plus tendre enfance, Matthias se projette dans l’exploitation familiale. Après des études en biologie, il renoue rapidement avec sa passion première et rejoint le Gaec familial.
Depuis sa plus tendre enfance, Matthias se projette dans l’exploitation familiale. Après des études en biologie, il renoue rapidement avec sa passion première et rejoint le Gaec familial.

«Au fond j’ai toujours su que je ferai ce métier» affirme d’emblée Matthias Bascoul. Petit, il suit à la trace ses parents, Katia et Jean-Michel, dans leurs gestes du quotidien, à l’Albergue, sur la commune de Barre. Ce couple à la tête d’une exploitation comptant 300 brebis soucieux de préserver son fils des difficultés propres au métier, tente de l’orienter vers une autre voie.
L'agriculture dans les veines
Matthias suit une filière générale, obtient un Bac S, rejoint une prépa à Montpellier pour intégrer une école d’ingénieur. Mais ce domaine ne lui convient pas, il décide alors de se réorienter et entreprend une licence en biologie, toujours à Montpellier. «Je rentrais tous les week-ends, exprès de Montpellier, pour voir les brebis et conduire les tracteurs.» Tant et si bien, qu’au lieu de poursuivre en Master, il s’arrange pour convaincre ses parents de s’installer à la ferme. Cependant, il se doit d’obtenir l’équivalent d’un bac professionnel agricole. Il rejoint la Cazotte à Saint-Affrique qui réunit deux avantages : la spécialité en brebis laitières et la proximité avec l’exploitation familiale. Pendant deux ans, il suit la filière BP REA (brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole) et il choisit d’effectuer son apprentissage à l’Albergue. «Mes parents avaient besoin d’aide. Mon père se charge de l’alimentation et des travaux des champs, ma mère de la traite et de l’administratif. Je fais un peu de tout, l’essentiel c’est de les aider là où ils en ont besoin afin qu’ils effectuent chacun moins d’heures» explique le jeune homme de 24 ans.

Un métier aux multiples facettes
D’ailleurs, il apprécie particulièrement la diversité du métier. «Il faut avoir plusieurs casquettes : celle d’éleveur, de mécanicien, d’agronome, de comptable ou encore de vétérinaire. Et savoir que l’on sera amené à toucher à tout» souligne-t-il. Pour lui, pas question de rester assis de longues heures derrière un bureau, sa place il la trouve dehors, dans la nature, auprès des animaux qu’il suit quasiment du début à la fin. «On voit grandir les agneaux puis on les vend. On suit aussi attentivement le lait puisque nous adhérons à la confédération Roquefort, avec un cahier des charges très rigoureux» précise Matthias Bascoul. L’exploitation familiale s’est donnée pour objectif de passer de 300 à 450 voire 500 brebis. «Avec mon installation et la croissance du troupeau, nous obtiendrons un quota plus important de vente de lait. Mon père a toujours souffert du manque de quota qui l’a empêché d’évoluer comme il le souhaitait. Désormais, nous pourrons générer davantage de ressources» explique le troisième associé du Gaec depuis le 1er octobre 2023. Tout comme le lait, les agneaux sont vendus directement à une coopérative. Les mâles partent à l’engraissement puis ils sont abattus pour la viande. Quant aux femelles, elles connaissent un autre sort. «Nous travaillons avec le centre d’inséminations Ovitest, ils récupèrent les agnelles ayant des bonnes capacités de reproductrices» précise le jeune homme. Depuis un an, le Gaec s’est enrichi d’un deuxième site d’exploitation à Murat-sur-Vèbre et totalise 103 hectares de surface agricole utile. «Nous manquions de surface et devions acheter énormément de nourriture pour les brebis. Nous avons réussi à en trouver, certes un peu loin mais cela a aussi permis mon installation» ajoute Matthias Bascoul.
Des horizons divers et variés
Lorsqu’il n’est pas auprès des brebis, ni dans les champs, il enfourche son quad pour aller faire un tour, se consacre au modélisme, confectionnant des camions radio commandés ou rend visite à sa copine, Flavie, du côté de Rodez. «La pratique du tennis et du tennis de table me manque, j’aimerais m’y remettre mais les horaires des entraînements, généralement en soirée, ne sont pas vraiment compatibles avec la traite». Pourtant, malgré les contraintes de l’office, la famille a toujours pris une dizaine de jours de vacances par an pour voyager, se rendant tour à tour à Arcachon, sur la côte d’Azur, à Rosas, en Italie ou encore en Grèce. «On aime beaucoup la mer, puisque l’on habite déjà à la montagne» confie le jeune homme. D’ailleurs, la prochaine escapade devrait les mener en Camargue, l’occasion de retrouver sa sœur Elise, étudiante en école d’infirmière non loin de là, à Béziers, et son frère aîné, Lucas, ingénieur chargé d’étude chez Vinci à Toulouse. Il partage avec ce dernier sa passion pour la ferme, les animaux et les tracteurs. Et visiblement, ils ne sont pas les seuls. «Mes petits cousins viennent régulièrement faire du tracteur, du quad et voir les animaux à la bergerie. Nos amis nous donnent un coup de main à la ferme dès qu’ils sont disponibles. Il y a toujours du monde !» se réjouit Matthias.