PRODUIT
Le Département du Tarn porte le foie gras en étendard
Le président du conseil départemental, Christophe Ramond a invité le président du Cifog, Éric Dumas, pour soutenir publiquement la filière et tordre le cou aux polémiques lancées par certains élus.
Le président du conseil départemental, Christophe Ramond a invité le président du Cifog, Éric Dumas, pour soutenir publiquement la filière et tordre le cou aux polémiques lancées par certains élus.

Christophe Ramond ne lâche pas le morceau… de foie gras, en l’occurrence. Le président du Département, après avoir publié une tribune pour s’insurger contre ces “élus hors sols” qui boycottent ce “produit historique de la gastronomie française”, a organisé une conférence de presse à l’hôtel Reynes d’Albi en présence d’Éric Dumas, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), et de producteurs tarnais. Plus qu’un produit de goût, c’est une histoire, des traditions, des valeurs et de la cohésion sociale que le président du Conseil départemental entend défendre à travers le foie gras.
“Je suis scandalisé par l’attitude de certaines municipalités qui bannissent le foie gras, et encore plus par celle du maire de Lyon qui va même jusqu’à appeler les restaurateurs de sa ville à ne plus en proposer sur leurs cartes !, s’indigne Christophe Ramond. Nous devons, au contraire, être fiers de nos produits de qualité et de nos productions. Il est important de promouvoir l’agriculture qui façonne nos paysages et nous permet de manger des produits d’exception.”
En invitant autour de lui des producteurs tarnais de foie gras (Claude Reilhes et Fabrice Bompard) et le directeur des Fermiers occitans (Nicolas Marcinkowski), le président du Conseil départemental a voulu rappeler le rôle social et économique que ce produit festif tient dans le Tarn en particulier et en France en général : “Je dénonce cette façon de faire de la politique qui s’en prend à notre gastronomie comme aux sapins de noël. Ce n’est pas notre façon de vivre ensemble ni de défendre notre terroir. Je suis le premier à défendre l’environnement et à promouvoir le développement durable, mais cela ne nous oblige pas à faire n’importe quoi. Je veux, au contraire, porter la gastronomie tarnaise en étendard !”
“Un produit pour réunir et non éloigner”
Des mots qui ont réconforté le président du Cifog, Éric Dumas, lui-même producteur de foie gras dans les Landes. “Je vous remercie vivement pour cette initiative au nom de tous les producteurs de foie gras”, a-t-il adressé à Christophe Ramond. Le Tarn est la première collectivité à avoir contacté le Cifog pour lui témoigner son soutien. “Malgré l’actualité très chargée en ce moment, j’ai tenu à venir personnellement pour répondre à cette invitation, poursuit Éric Dumas. Comment peut-on s’attaquer au travail de ces hommes et de ces femmes qui font vivre nos territoires et assurent un véritable équilibre social ? C’est une attaque frontale contre nos traditions et un symbole du patrimoine français. C’est comme si nous n’avions pas voulu reconstruire Notre-Dame de Paris.” Selon lui, “nous avons affaire à des postures électoralistes qui détruisent sans mesurer les conséquences que cela peut avoir. Le foie gras, on n’en mange pas tous les jours. C’est un produit d’exception avec lequel on fête des événements en famille ou entre amis. C’est un produit qui doit permettre de réunir et non d’éloigner. Il ne faut pas mélanger le foie gras et la politique.” Éric Dumas appelle enfin à faire “attention aux positions prises par certaines ONG contre toute forme d’élevage. Qu’on s’intéresse au bien-être animal et à nos modes de production, c’est légitime, et c’est notre métier. Le respect de l’animal, c’est d’avoir un bon produit à la fin.”
Christophe Ramond ne pense pas autrement quand il dit : “Il faut être vigilant car après le foie gras ce sera quoi : l’agneau du Tarn, le veau sous la mère, les salaisons de Lacaune ? Il faut défendre cette diversité de produits qui, tout comme l’ail rose de Lautrec ou les vins de Gaillac, sont des gages d’attractivité de notre département, le deuxième préféré des Français selon Airbnb. Et ils rendent fiers les Tarnais !”