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"L'agriculture ne semble pas être une priorité"
Paiements PAC, crise viticole, situation sanitaire… Au programme de la dernière Session, les sujets d’inquiétude du moment pour les exploitants tarnais.
Paiements PAC, crise viticole, situation sanitaire… Au programme de la dernière Session, les sujets d’inquiétude du moment pour les exploitants tarnais.


À la tribune, le président de la Chambre d’agriculture du Tarn, Jean-Claude Huc, a introduit la séance par un tour de l’actualité des dernières semaines et un point sur la conjoncture actuelle : “le monde agricole manque de visibilité. On nous demande d’assurer la souveraineté alimentaire et on accepte d’importer des produits peu chers et de moindre qualité, on nous impose des contraintes réglementaires toujours plus fortes, on augmente les taxes qui pèsent sur notre activité, on remet en cause la loi Egalim qui «protège» le prix au producteur, on encourage le développement de productions sans vérifier que les marchés suivent, on nous contraint dans les moyens de production. On marche sur la tête, comme disaient certains il n'y a pas si longtemps. Aux yeux du Gouvernement, l’agriculture ne semble pas être une priorité. Et pourtant, nos filières souffrent. Je pense notamment aux filières animales, avec la FCO et la MHE, ou la filière viticole, qui traverse actuellement une période plus que difficile. On a besoin d’y voir plus clair pour s’adapter au contexte économique et au changement climatique.” Une vision partagée par l’ensemble des participants à la Session, qui se sont ensuite succédé au micro pour évoquer et débattre sur les nombreuses problématiques dans les exploitations tarnaises. Cédric Vaute a notamment pointé du doigt les retards et manques d’explications à propos des paiements PAC pour certains agriculteurs. Maxime Cuenot, directeur de la DDT du Tarn, lui a répondu que plus de 95% des dossiers ont été pay és et que les cas “plus complexes” prenaient plus de temps à être traités.
Trouver des solutions et se sentir accompagné
Cédric Carcenac a lui de son côté évoqué la crise que traverse la filière viticole : “cela va très mal et on va droit dans un mur. Je suis très inquiet pour notre filière tarnaise. Il y a des personnes qui se retrouvent sans solutions, avec des caves pleines ou au contraire vides. On retrouve aussi de plus en plus de friches et de vignes abandonnées. Il faut mettre en place des solutions structurelles et conjoncturelles. La filière y travaille, en essayant de se projeter à moyen et long terme. Mais il y a urgence à agir dès maintenant pour donner des solutions à des vignerons qui n’en n’ont plus.” Christophe Rieunau a lui soulevé l’inquiétude de l’ensemble des éleveurs tarnais : “il y a un mois et demi, quand les premiers cas de MHE sont arrivés dans les Hautes-Pyrénées, on a eu un impact assez rapide dans le département. Un impact commercial et économique qui a généré de la rétention de veaux ou des fermetures de marchés. On a réussi quand même à trouver des solutions pour faire en sorte que les agriculteurs n’aient pas des animaux bloqués sur les fermes. Aujourd’hui, ce qui inquiète, c’est l’ensemble de ces maladies qui se développent et qui ont un impact économique et technique sur les exploitations. Les éleveurs ont plus que jamais besoin d’accompagnement." Un ras-le-bol général qui s’est exprimé dans les rues d’Albi le 14 novembre et dans plusieurs autres départements de France ces derniers jours. Après le vote du budget initial 2024 de la Chambre d’agriculture, l’accompagnement que réalise la Chambre sur la thématique du travail a été abordé.
L'organisation du travail constitue un enjeu fort dans les exploitations agricoles
C’est une priorité du projet stratégique de la mandature, pour accompagner les agriculteurs, et en particulier les éleveurs sur l’amélioration de l’organisation et des conditions de travail, les gains d’efficacité, de sécurité et la réduction de la pénibilité. Laure Vinsant le Lous, chef du service stratégie d’entreprises, Alexandra Pizzetta, conseillère ont présenté les actions proposées, tant en individuel qu’en collectif : estimation et simulations d’évolution des temps de travaux, avec l’outil web “Ma calculette temps de travail”, diagnostic et plan d’actions, rencontres «parlons travail», concours «trucs et astuces», formations «alléger sa charge de travail», … Florian Basse a apporté son témoignage et son retour d’expérience sur le travail conduit au sein du Gaec du Buisson blanc. Maryline Lherm, vice-présidente du Conseil départemental et Maxime Cuenot de la DDT sont intervenus en clôture de la Session.
Les motions présentées et adoptées
Pour un projet d’avenir pour l’agriculture
La Chambre d’agriculture demande à l’État :
qu’une vision ambitieuse et une politique cohérente soient définies et affichées pour l’avenir d’une agriculture durable, en s’appuyant sur une agriculture productive et créatrice de valeur ajoutée
de structurer un véritable pacte pour soutenir l’agriculture et répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire, d’aménagement de l’ensemble des territoires, construit en relation avec les collectivités et la profession agricole
de mobiliser tous les moyens nécessaires et de les faire converger pour la réussite de cette politique
Paiement des aides PAC
La Chambre d’agriculture demande :
que l’État mette en œuvre des moyens supplémentaires pour traiter les dossiers
que le versement des avances soit réalisé sans délai pour tous les dossiers, quitte à effectuer une régularisation au moment du solde.
Filière viticole
La Chambre d’agriculture demande :
que l’État et les collectivités se mobilisent pour apporter à la filière viticole les moyens nécessaires à la mise en œuvre des accompagnements qui seront nécessaires sur le plan conjoncturel et structurel.