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Covid-19 : des barrières d’un nouveau genre sur les exploitations

Pour assurer la sécurité des salariés et des consommateurs, les gestes barrières et autres mesures de prévention sont de rigueur sur les exploitations tarnaises.

© Freepik

Les chantiers d’ensilage se profilent. Mais alors que ce grand moment d’entraide dans les campagnes est généralement synonyme de convivialité, il en sera tout autre cette année. “Les grands repas que l’on partage habituellement tous ensemble sont à proscrire”, insiste Cédric Vaute, éleveur bovin et délégué FDSEA du territoire Mazamet-Labruguière-Saint-Amans. L’entraide sera évidemment toujours de rigueur, “car nous n’avons pas le choix, pour ces chantiers, nous sommes tributaires des autres”, commente Cédric Vaute. Mais il faudra “faire autrement, souligne-t-il. Chacun amènera son propre repas et mangera dans son coin, dans son tracteur… On va perdre toute la convivialité, mais il faut en passer par là, nous n’avons pas le choix.”

L’élu FDSEA rappelle au passage des règles de bonne conduite à adopter avec les matériels en Cuma : “Il convient de nettoyer et de désinfecter correctement la cabine et toutes les parties de contact (le volant, les commandes, les poignées, etc.) Ces gestes sont à faire avant et après l’utilisation du matériel pour assurer la sécurité de tous. Nous savons trop les conséquences que représentent un arrêt maladie pour nous, éleveurs, il est donc important que chacun respecte ces consignes.”

“Éviter toute forme de contact”

Dans la vigne aussi, les chantiers vont bon train. Au domaine Carcenac, à Montans, alors que la taille et l’attachage se terminent, c’est la confusion sexuée pour éviter l’usage d’insecticides qui se met en place. Une dizaine de salariés est à l’oeuvre, et il a donc fallu s’adapter. “Déjà, ils ne pratiquent plus le covoiturage pour venir travailler, chacun utilise désormais sa voiture personnelle”, commente Cédric Carcenac. L’organisation du travail a également été revue pour limiter les contacts : “Les plannings sont définis à la semaine. Le matériel a été donné à chacun en fonction des tâches à effectuer en début de semaine pour proscrire les échanges et, exceptionnellement, les salariés le ramènent chez eux pour éviter toute forme de contact avec qui que ce soit.” Une distance de deux mètres entre les collaborateurs est respectée lors des va-et-vient. “On communique plus par téléphone que physiquement, même entre deux rangées, c’est bizarre mais préférable”, estime Cédric Carcenac, soucieux d’assurer des conditions de travail les plus sécurisantes possibles pour “donner envie aux salariés de venir travailler”.

Au niveau commercial et logistique, faute de vente, le travail est à l’arrêt. “C’est normal en début de confinement car le vin n’est pas un produit de première nécessité”, commente Cédric Carcenac. Néanmoins le domaine a pris de l’avance au niveau des stocks et travaille à “rassurer la clientèle pour sécuriser les achats et repenser la façon de distribuer pour être prêt à répondre à la demande quand on aura retrouvé un semblant de vie normale”.

“La nature va très vite”

Le verger tarnais, lui, est fortement pénalisé par l’arrêt des approvisionnements en restauration collective. Thierry Garrigues, à la tête des Vergers du Bosquet, note cependant que les GMS semblent faire preuve de solidarité en affichant leur volonté de travailler avec les producteurs locaux. La Chambre d’agriculture du Tarn est d'ailleurs mobilisée sur ce point pour fluidifier les échanges.

Les points de vente à la ferme et via les réseaux de circuits courts, “se maintiennent à peu près”, selon l'arboriculteur. Sur son exploitation de Senouillac, des adaptations ont été nécessaires : “Nous avons repensé le cheminement des clients en les faisant passer par les sanitaires pour qu’ils se lavent les mains avant d’entrer au magasin, commente Thierry Garrigues. Nous leur demandons également de patienter à l’extérieur s’il y a déjà quelqu’un à l’extérieur”. C’est plus sécurisant pour les clients, et aussi pour les salariés, eux-mêmes invités à se laver très régulièrement les mains.

Les travail ne manque pas dans les rangées de fruitiers : “La nature va très vite, surtout avec les températures qu’on a en ce moment”, note Thierry Garrigues. Il salue au passage le comportement “exemplaire des salariés qui sont tous au travail, même si on commence à avoir des petit problèmes de gardes d’enfants”. Les conditions de sécurité sont mises en oeuvre pour que chacun reste bien éloigné dans le verger, car ce n’est évidemment pas le moment que quelqu’un tombe malade.

D. Monnery

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