Bovins : en 2024, les aléas climatiques accélèrent la baisse du cheptel européen
Le cheptel européen de bovins (laitiers et allaitants) a reculé de 2,6 % en 2024 (à 71,8 millions de têtes) marquant une accélération de sa baisse par rapport au rythme des dernières années, selon les chiffres publiés par la Commission européenne. Il s’agit d’une « baisse inédite » en Europe, relève Ilona Blanquet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage (Idele), « alors que nous étions habitués à avoir une érosion lente et régulière du cheptel de l’ordre de 1 % » depuis au moins 2016. Dans une vidéo, au-delà des facteurs structurels (démographie, contraintes environnementales), elle attribue cette accélération aux « années successives d’aléas climatiques », qui ont conduit les éleveurs à « adapter la taille de leur troupeau ». Cas d’école : l’Irlande, qui a subi « des pluies incessantes de novembre 2023 jusqu’à mai 2024 ». Le cheptel bovin y fond de 3,3 % (-6 % pour les vaches allaitantes). En Espagne (-1,9 %), « pays offensif sur le marché de la viande », c’est l’enchaînement des sécheresses qui a poussé les éleveurs extensifs du centre du pays à réduire la voilure. La France, premier détenteur de l’UE, n’est pas épargnée : l’Hexagone perd 140 000 vaches (à 7,7 millions de vaches allaitantes et laitières), et son cheptel bovin recule de 2,2 %.