Autoguidage par GPS : les gains de productivité et confort attendus en fonction des usages
L’autoguidage par GPS permet d’optimiser les passages dans la parcelle. La précision dépend de la technologie utilisée mais aussi des réglages du tracteur, de l’outil et de la topographie. Arvalis-Institut du végétal a réalisé des essais pour déterminer les gains de l’utilisation de l’autoguidage selon les cas.

Pour réaliser ces essais, Arvalis a équipé les tracteurs d’agriculteurs non équipés de système de guidage d’un mouchard afin d’observer les recouvrements ou les manques lors de différentes interventions en intégrant la largeur de l’outil utilisé. Les essais ont été réalisés sur des grandes parcelles sans dévers.
Travail du sol
En travail du sol, les recouvrements représentent en moyenne 60 centimètres entre chaque aller-retour soit au final l’équivalent de 12 à 13% de la parcelle. En d’autres termes, sur une parcelle de 100 hectares, la surface réellement travaillée est de 112 hectares.
Récolte des céréales
Concernant les moissons (de céréales), le manque dans la barre de coupe sur un aller-retour est d’environ 35 centimètres, soit l’équivalent de 5% de la parcelle. Dans ce calcul, ne sont pas pris en compte les bords et fins de parcelles.
Semis de précision
Les essais ont été menés sur des semis de maïs ou de betterave. Le recouvrement est en moyenne de 10 centimètres entre chaque passage.
Pulvérisation-épandage
Avec une vitesse et une largeur de travail identique, on distingue deux hypothèses :
• si les traces au semis sont encore visibles, il faut compter 6 à 7 passages de semoir pour un de pulvérisation avec 70 centimètres de recouvrement à cha-que aller-retour ;
• si un jalonnage est effectué, on constate 15 centimètres de recouvrement, soit l’équivalent de 2% de la parcelle.
A noter que pour ces expérimentations, les chauffeurs étaient informés de l’essai et devaient gérer l’ordinateur qui enregistre les données, ce qui peut les avoir influencés.
Le gain de l’autoguidage
Un autoguidage avec une bonne précision permet de limiter les recouvrements et donc de faire des économies.
Les essais d’Arvalis ont permis de définir deux types de données économiques :
• sur des productions à valeur ajoutée «normale» comme le blé, le colza ou l’orge, le gain est de 13 € par hectare et par an ;
• sur des productions à valeur ajoutée « moyenne », comme le maïs, le gain se situe autour de 18 € ;
• sur des productions à plus forte valeur ajoutée, comme la pomme de terre ou la betterave, le gain est de 23€ par hectare et par an. Pour les semences, le gain est encore supérieur.
Face à ces données, il faut prendre en compte le coput du matériel et donc la durée de rentabilité. Les expérimentations montrent un retour sur investissement supérieur à 3 ans pour des assolements à valeur ajoutée normale. Il est donc extrêmement important de bien définir la précision recherchée en fonction du type d’intervention.
Et dans les coteaux ?
Sur des parcelles en dévers, on constate en général des recouvrements plus importants, même si on peut aussi parfois constater que les chauffeurs habitués à travailler dans les pentes sont meilleurs que ceux qui travaillent en plaine. Ils sont plus concentrés sur la conduite que sur le réglage de l’outil et travaillent dans des parcelles plus petites. Le retour sur investissement est plus long car dans les pentes, le débit du chantier est limité.
Les chiffres ne prennent pas en compte le temps de travail du chauffeur. En effet, l’autoguidage permet de supprimer le jalonnage et améliore aussi les conditions de travail (pas de différence entre le jour et la nuit, confort de conduite, fatigue diminuée).
Mais pour avoir un gain optimal, il est primordial de bien paramétrer la correction, l’autoguidage et l’outil utilisé, avec une règle claire : plus l’utilisateur veut être précis et plus il devra passer du temps à régler le système pour aboutir à un bon résultat.
A.RENAULT
AVEC C.DESBOURDES ET R.HELIAS (ARVALIS)